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L'HISTOIRE DU DIAMANT A TRAVERS LES AGES

UNE HISTOIRE DE TAILLE...

Introduction à l'histoire des diamants

Reconnu sous l'antiquité pour sa dureté, utilisé comme talisman, la beauté du diamant resta longtemps insoupçonnée.
Quasi anecdotique en Europe jusqu'au XIIIème siècle, il fallut attendre la taille en 'Rose' d'abord puis la taille en 'Brillant' au XVIIème siècle pour que l'incroyable beauté de ses feux le place en tête de la catégorie, déjà élitiste, des pierres dites précieuses.
Inde antique : les diamants de Golconde
L'approvisionnement du monde occidental
Pline l'ancien, les mines d'Ethiopie et d'Arabie
Diffusion et thésaurisation du diamant à partir du XIIIème siècle
Les routes commerciales terrestres vers Venise
Renaissance européenne, forte demande des cours d'Europe
Les routes maritimes concurrentes vers Lisbonne
XVIIIème siècle : l'engouement confirmé
XVIIIème et début XIXème siècle : le Brésil comme principal producteur
XIXeme siècle : l'explosion de la demande, les gisements sud africain et russes
Le filon africain
XXème siècle : les sites majeurs
XXème siècle : les autres sites actuels
L'histoire commence en 800 av JC. C'est, en tout cas, la date admise aujourd'hui pour la découverte des premiers diamants dans le royaume indien, même si de récentes études tendent à démontrer qu'un commerce local aurait pu naitre, dès le IIème millénaire, dans le bassin de la rivière Krishna (sud-est de l'Inde). Certains auteurs avancent audacieusement l'idée d'une véritable route commerciale vers la Chine et la Perse au Ier millénaire avant notre ère.
Les preuves incontestables étant difficiles à rassembler, considérons les simplement, dans l'attente d'informations fiables comme de simples hypothèses...
Les seuls gisements connus durant l'antiquité (et d'ailleurs jusqu'au XVIIIème siècle) furent les célèbres mines de Golconde.

La première référence écrite désignant, avec certitude, les diamants se trouve dans un texte sanscrit, daté du IVe siècle avant notre ère, se nomme l’Arthsastra ("la Leçon du Profit"), écrit par Kautilya, un ministre de Chandragupta de la Dynastie Maurya (322 av J.C.–185 av J.C.).
Le premier empereur des Indes fixait, dans ce document, le montant des impôts à prélever sur l'exploitation des mines du précieux minéral. Le document était enrichi de notes d'appréciation des pierres, révélant déjà une réelle connaissance du sujet. Plusieurs éléments permettent d'identifier sans ambiguïté que son auteur fait référence aux diamants et pas à une autre gemme, notamment sa dureté exceptionnelle.

Les plus belles pierres allaient immédiatement enrichir le trésor du souverain, quand aux autres, de qualité moindre, elles pouvaient "gracieusement" être vendues comme talismans aux voyageurs étrangers de passage. Leur découverte par les européens sont vraisemblablement issus de ces premiers échanges.

Les castes les plus élevées du royaume disposaient de couleurs réservées : les brahmanes, seuls, obtenaient les très convoités diamants blancs, aux commerçants revenaient les diamants teintés de jaune.
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Plusieurs mythes grecques anciens usent du terme 'Adamantis', qui en grec signifie 'Invincible'. Ainsi, on pense souvent, à tort selon moi, qu'ils faisait déjà référence à la pierre précieuse : Platon, par exemple, supposant que l'axe de la terre était constitué de diamants ou Hercule enchainant Acaste avec des liens de diamants (Alceste d'Euripide). Or, dans les textes de l'époque, certains métaux pouvaient également être affublés d'un tel qualificatif.

Il faudra pourant attendre le retour d'Alexandre le grand de la vallée de l'Indus au IIIème siècle avant JC, pour que cette pierre exceptionnelle soit révélée aux yeux des Européens. Aucun matériau n'était en mesure de casser ce minéral, et on le reconnut en lui l'invincible Adamantis (traduit par suite en 'diamant'). Le terme, donc, préexistait mais lui fut bientôt réservé.
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Dans les textes occidentaux, le diamant est mentionné pour la première fois, clairement, par le poète latin Manilius (env. 12 ap. J.-C.), puis par Pline l'ancien dans "Histoire Naturelle" (79 ap. J.-C.).

Pline y évoquait des mines qui, selon lui, existaient en Ethiopie, en Inde et en Arabie.
Cette dernière origine était toutefois énoncée par confusion, l'Arabie étant, en effet, une étape dans la route commerciale qui liait l'Inde à l'occident.

A l'époque, on se parait de diamants comme talisman plus qu'en ornement : sertis sur des bagues, des colliers ou des boucles d'oreilles durant les premiers siècles de notre ère (pour exemple, le British museum détient plusieurs bagues romaines confectionnées au IIIème siècle ap JC, mais la e plus vieux témoignage a été retrouvé dans le tombeau d'une fillette daté du Ier siècle de notre ère : serti sur une bague, le diamant taillé en pointe proviendrait d'Inde centrale). Sa diffusion reste toutefois très limitée en Europe durant le moyen age.

À partir du IVe siècle, le christianisme s'impose peu à peu comme religion dominante dans l'empire romain décadent (avec Constantin), un combat contre les rites paîens est engagé. Or, dans la tradition romaine, le diamant est justement utilisé comme idole symbolisant le bien (la pureté par opposition au sang de bouc, le mal et la bassesse) durant les rituels. Ainsi, cette répression, combinée au plus grand contrôle du commerce du diamant, à cette époque, par les Perses et les états du Moyen-Orient (— lesquels détournent la majeure partie des diamants sortant de l’Inde), rend quasiment anecdotique l'approvisionnement européen durant le haut moyen age.

Les importations ne persistèrent alors que grâce à ses vertus curatives (une croyance réfutée ensuite) et abrasives.
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En France, au XIIIème siècle, un acte signé de Saint-Louis (1214–1270) établit, pour la première fois, une loi réservant les diamants à la seule couronne dans tout le royaume, indiquant un regain d'intérêt pour le diamant. Une des premières pierres acquises en vue de thésaurisation, la Grande Briolette (un diamant de 90 carats), appartint à Alienor d'Aquitaine en 1145. Elle fut ramenée d'Asie mineure au cours de la seconde croisade et transmise, plus tard, à Richard Coeur de Lion.

Certains auteurs avancent que les Rois portaient, dans des plastrons de cuir épais, sur les champs de bataille, des diamants en symbole de force, courage et invincibilité.
Un inventaire manuscrit (conservé à la bibiliothèque Sainte Geneviève de Paris), rédigé après le décès du duc Jean de Berry en 1395, montre très clairement une thésaurisation de cette pierre dans les fortunes nobiliaires au cours du XIVème siècle.

La taille du diamant requérant un procédé complexe, son manque de maitrise retarda, jusqu'au XVème siècle, sa diffusion, par rapport à d'autres pierres qui présentaient des aspects plus appréciables (rubis, saphirs,...).
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Deux routes commerciales terrestres sont couramment admises comme voies d'approvisionnement de l'Europe depuis l'Inde : la route du Sud cheminait par le Yémen, l’Ethiopie et l’Egypte, et celle du Nord, quand à elle, passait par l’Arabie, la Perse, l’Arménie et la Turquie. Au XIIIème, XIVème siècle et XVème siècle, ces deux routes convergeaient vers le nouveau grand centre d'échanges : Venise.

En Europe du Nord, Bruges était une partenaire privilégiée, dénommée pour cette raison la Venise du Nord.

A cette époque, les villes situées sur cet axe économique majeur se développèrent, et des quartiers de diamantaires y virent le jour (Paris et Francfort par exemple).
Les progrès techniques commencent, par ailleurs, à donner de bons espoirs aux lapidaires. Révélée par la taille géométrique, l'éclat de cette pierre d'exception déclenchera une véritable envolée de la demande.
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Avec la renaissance (XVème siècle), les diamants ornent, discrètement, les éléments d'apparat royaux, on observe des diamants de faibles dimensions dans les bijoux confectionnés à l'époque (comme pierre secondaire). François Ier offrit en gage de paix un magnifique diamant (sur lequel était gravé 'dilectionis testis et exemplum') à charles Quint en 1538.
Au XVème siècle et XVIème siècle, les vertus curatives du diamant commencent à être mises en doute : le pape Clément VII (1523-1534) en ingéra en grande quantité...et en mourut. Le médecin réclama, tout de même, 40000 ducats pour sa prestation.
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A la fin du XVème siècle, en 1498, une route commerciale concurrente, maritime , fut ouverte par Vasco de Gamma. Lisbonne prit alors son essor, aux dépends de Venise au sud et Bruges au Nord.

Le déclin des puissances "historiques" redéfinissent les cartes, Amsterdam s'imposa bientôt comme centre d'approvisionnement incontournable, et Anvers pour ses quartiers de diamantaires. Un nouvel équilibre s'établit rapidement au XVIème siècle, soutenu par la convoitise des cours royales : tous les princes européens souhaitent alors en orner leurs couronnes et leurs sceptres.

En France, Mazarin encourageait les diamantaires à innover, si bien que l’idée de la taille en “double rose” lui est parfois attribuée (les dix-huit pierres qu’il légua à la Couronne de France, dénommées ultérieurement “Mazarins” pour cette raison, constituèrent une partie importante de la collection des diamants de la Couronne).

Au XVIème et XVIIème siècle, les souverains indiens, avisés en affaires, entreprirent d'intensifier l'exploitation des mines, un nombre colossal de pierres de bonne taille et qualité, fut alors vendu à Golconde, où affluaient, pour l'occasion, les diamantaires européens. Les souverains moghols gardent toutefois la main mise sur la majorité des pierres d'exception, les gravant de leurs sceaux (pour exemple le collier de Shah Jahan) Parmi eux, on compte le célèbre J.B. Tavernier (1608-1689) qui officia pour le compte de Louis XIV. Il acquit ainsi, au cours de ces tractations, le fameux diamant 'Hope'. Fin connaisseur en pierres précieuses, Tavernier fut le premier occidental à être accepté par les princes orientaux. C’est à lui que l’on doit de connaître l’histoire du diamant Koh-I-Noor.

La prééminence flamande pour la taille au XVIIe siècle est attestée par Robert de Berquen, orfèvre joaillier parisien. Il se prétend l'héritier d'une ancienne lignée de diamantaires et attribue à son aïeul Louis "natif de Bruges" l'invention de la taille et le facettage, en 1476, des 3 diamants célèbres du duc de Bourgogne, Charles le Téméraire (1443-1447). A la fin du XVIIème siècle, les prétentions des souverains indiens deviennent si importantes que les diamantaires portugais et hollandais s'en détournèrent. Londres s'imposa alors comme un importateur européen majeur.
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Le XVIIIème siècle, confirme l'engouement des puissants pour le diamant : la couronne Impériale de la tsarine Catherine II (1729-1796) avec 4936 diamants en est un exemple flagrant. L'épée d'Auguste le Fort sertie de diamants en taille rose nous donnent également une idée de la splendeur des parures royales au XVIIIème siècle coté français.
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Au XVIIIème siècle, la découverte de gisements nouveaux viennent pallier la production déclinante des mines antiques indiennes (il ne reste aujourd'hui plus que celles de Panna, dans le nord du pays, qui produisent 25 à 30 000 carats par an).
Les gisements du Brésil ouvrirent la voie en 1725, dans l'état de Minas Gerais, elles produisaient principalement de petites pierres à partir de 1730. Sa production s'épuisa en 1850, permettant le développement des sites africains (Cf ci-dessous). A cette époque, les mines de Golconde furent conquises par les Britanniques, mais avec l'apparition de ces autres sources, plus riches, elles cessèrent bientôt d'être exploitées.
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Exploitation en afrique du sud 1866
Avec l'ère industrielle, la prospection multiplie les découvertes. Un gisement majeur, celui d'Afrique du Sud, dans les gisements aluvionnaires du fleuve Orange, fut mis au jour en 1866. A lui seul, il provoqua une augmentation rapide de l’offre, tirée par une demande toujours plus forte en produits de luxe.

Des explorations dans la région de Kimberley (à Jagersfontein) révélèrent, trente ans plus tard, d’anciennes cheminées ou « pipes » volcanique, qui contenaient des diamants. Ces filons furent nommés "Kimberlites" du nom de cette région et reconnus comme roche mère des diamants.
Une véritable "ruée vers le diamant" eut alors lieu, de nombreux prospecteurs achetèrent des concessions individuelles et commencèrent l’extraction... de manière si anarchique qu'elle limita grandement l'efficacité globale.

Le monopole de DE BEERS
En 1889 Cecil Rhodes et Barney Barnato eurent l'idée géniale de regrouper ces concessions. Ils associèrent leurs intérêts en fondant la "De Beers Consolidated Mines Ltd.". Rachetant progressivement toutes les consessions des petits exploitants (qui se lassaient de leurs difficiles conditions de vie), cette société instaura un véritable monopole à partir de 1889 après les retraits des sociétés KIMBERLEY CENTRAL MINING Co et de la COMPAGNIE FRANÇAISE DES MINES DE DIAMANTS DU CAP DE BONNE ESPERANCE. La DE BEERS contrôle aujourd'hui encore un tiers de la production mondiale.

La découverte des diamants russes
La production des diamants de Russie débuta à partir de 1829 dans les gisements alluvionnaires dans la région de l'Oural. Toutefois, il fallut attendre 1954, et les pipes de kimberlite découvertes dans le permafrost de la Yakutie (Sibérie), pour qu'une exploitation industrielle se mette en place. Cette région produit désormais 99 % des diamants russes, et 20 % dans la production mondiale, on l'appelle même "province du diamant".
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La Sierra Leone
Ce pays produit depuis 1935 des diamants de très belle qualité.

Le Bostwana (Debswana)
Avec sa mine d’Orapa, il produit une moyenne de 5 millions de carats par an et la mine Jwaneng, dans le désert du Kalahari en produit quelque 6 millions.

La République Démocratique du Congo
Il produit des pierres industrielles de qualité faible. C'est désormais le deuxième producteur mondial après l’Australie.

L’Angola
Autre producteur important, exporte près de 2 millions de carats de diamants de très bonne qualité, mais sa situation politique incertaine ralentit la prospection et l'exploitation.

Le Ghana
Il a toujours produit plus de diamants que ses autres voisins d’Afrique de l’ouest mais les pierres sont de faible qualité.

Le Gabon
Il produit des pierres de très bonne qualité (Makongonio) mais leur exploitation reste artisanale.

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Une des dernières découvertes majeures furent les gisements de l’Ouest de l’Australie. L’Australie est, depuis devenue l’un des principaux exportateurs mondiaux de diamants (industriels car de faible qualité dans leur grande majorité) avec 30 millions de carats/an.

Le Canada
Ce grand pays devint, lui aussi, un acteur mondial dans les années 80-90, et principalement avec la mine d’Ekati, ouverte en 1998.
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On cite encore Namibie, République Centrafricaine et Bornéo.

Quand à la Chine, ce pays produiraient également mais les chiffres disponibles ne sont pas vérifiables.
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